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12 novembre.
Cette tendresse qui sans cesse se satisfait, et celle qui se modère et se réprime. La première s’épuise par ses propres contentemens, la seconde se nourrit et s’accroît par ses privations même.
La matière. Elle nait de Dieu comme nécessaire à sa puissance pour opérer.
17 novembre.
Leur permettre d’oublier Dieu, car la pensée habituelle ne pourroit pas s’en souvenir.
18 novembre.
Au fatras des mots a succédé le fatras des pensées.
20 novembre.
Animaux. Animés comme les trépieds de Vulcain. Ceux-ci l’étoient pour la commodité des Dieux et pour les délices du ciel. Ceux-là le sont pour les nécessités de l’homme et pour le bon ordre du monde.
On peut considérer, dans le méchanisme de la parole, la langue de l’homme comme une flèche qui lance elle-même la pointe qu’on y a ajustée, le mot qui en part.
25 novembre.
Faculté d’inventer les langues — est une industrie naturelle à notre intelligence.
Au bout du compte, Dieu aime autant chaque homme qu’il aime tout le genre humain. Le poids et le nombre ne sont rien à ses yeux. Eternel, immense, infini, il n’a que des amours immenses.
27 novembre.
Dieu luisit sur lui. (Oublié.)
29 novembre.
Condillac. Cet homme est plein de demi-vérités, de sorte qu’il n’est au pouvoir de l’esprit ni de lui refuser toute son attention, ni de la lui accorder toute. C’est là ce qui le rend ennuyeux, fatigant et, pour tout dire, désagréable. On éprouve en le lisant une sorte de malaise et pour ainsi dire de tiraillement; la pensée est perpétuellement avec lui dans une fausse position. (Des demi-vérités, des moitiés de fenêtres.)
3 décembre.
Rendons plus générale l’assertion de M. Bonald et disons : Tout peuple matériel sera tôt ou tard assujetti par un peuple moral.
Cette ennuyeuse question de la perfectibilité devroit être réduite à ces termes : 1° la perfection humaine (telle que nous pouvons la concevoir et que nous sommes portés à la désirer) a-t-elle existé dans quelque homme, oui ou non? 2° existe-t-elle ou a-t-elle existé dans un aussi grand nombre d’hommes qu’il est possible? L’affirmative sur la première partie et la négative sur la deuxième seroit certainement conforme aux idées de la plupart des hommes, mais les partisans de la perfectibilité ne conviennent pas de la première et pensent que la nature humaine elle-même n’est qu’au premier point de son développement — et qu’avec le temps et des livres comme les leurs, les plus petits hommes pourront avoir 20 pieds de haut, les plus débiles vivre 100 ans et les plus sots avoir de l’esprit comme Voltaire.