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— Nous vous prions de recevoir tout ce que vous voulez nous donner.
Il faut pour de telles pensées avoir été frappé plus qu’il ne faut, et plus qu’il ne faut occupé d’un même objet.
Toujours lier les choses inconnues aux connues.
Suicide. Alors ceux qui ont vécu pour eux mêmes, meurent pour eux-mêmes, disposant à leur gré d’une vie qu’ils n’avoient pas vouée au genre humain, à leur pays.
29 janvier.
On affuble vite sa pensée du premier mot qui se présente et l’on marche en avant.
Lundi 7 février 1791.
Ces fiers Romains avaient une oreille dure, et qu’il fallait caresser longtemps, pour la rendre ouverte et disposée à écouter les bonnes choses. De là ce style oratoire qu’on trouve même dans leurs plus sages historiens. Au lieu que les Grecs avoient des organes parfaits, faciles à être mis en jeu, et qu’il suffisoit d’atteindre pour les émouvoir. De là, la plus simple parure suffisoit à une pensée élégante, pour leur plaire. De là, la vérité pure leur suffisoit dans les descriptions. De là, cette simplicité de style dans leurs auteurs et cette brièveté de leurs phrases où l’écrivain observait surtout la maxime : Rien de trop. Beaucoup de choix dans les pensées et une grande netteté; des paroles assorties et qui eussent leur propre harmonie (harmonie qui n’étoit produite chez les Latins que par l’assemblage et l’accord de tous les membres de leurs..) enfin ce qu’il falloit pour que rien ne retardât une impression, forment dans tous leurs écrivains le caractère distinctif de leur bonne littérature. Ce n’est que dans les Grecs gâtés par la vie romaine, que vous trouverez cette abondance de discours opposée à la pureté. Jamais une expression oratoire ne se présente dans leurs meilleurs historiens; et dans leurs plus grands orateurs, l’éloquence est plus voisine de l’histoire que l’histoire n’est voisine de l’éloquence dans leurs bons conteurs.
Il est semblable à la Sybille. Il craint le dieu.
24 octobre 1791. Montignac.
Les heures font les quatre saisons du jour.
Le jeûne : imitation de la douleur.
17 novembre 1791.
Les dieux lui ont ôté la bonne foi.
— Il ne sera permis à personne de parler de sa religion que dans les temples (dans ces lieux de recueillement où les hommes ne viennent que pour entendre de pareils discours).
— On ne tolérera aucune intolérance.
— Quiquonque tentera d’atrister la conscience d’un autre et lui parlera mal de ses autels, sera puni, à cause du trouble qu’il aura voulu.
— Toute doctrine qui ne dit pas que la vertu suffit pour plaire au ciel est d’un méchant ou d’un fanatique ou d’un hippocrite.
— Que chacun pense ce qu’il voudra s’il respecte la paix publique.
— On punira d’une peine grave tout prêtre qui médira d’un autre prêtre pour cause de ses fonctions.
— Qui quitte son poste le perd.
— Nul ne pourra sortir du camp; or tout un pays est un camp quand tout un peuple est menacé.
— Gardez avec soin les otages.
— Les biens d’un ennemi sont ennemis Ils sont une part de sa force, un des effets de son bagage, une pièce de son armure; ils sont plus, car ils sont une arme. Or on peut bien le désarmer.
— La famille d’un ennemi est un otage, une matière pour l’échange, un garant de l’observation des loixs de la guerre par la crainte des représailles, un rempart contre les excès. On doit la garder avec soin: mais on ne doit pas la détruire. Car elle n’est pas ennemie.
— Quiquonque est désarmé par la force ou par sa faiblesse, par cela n’est plus ennemi, mais il peut être prisonnier.
— Le droit d’aller et de venir ne peut être restreint hors des cas extraordinaires. Ces cas sont toujours existans quand on n’est pas en pleine paix.
— L’exportation sera la peine de tous les prêtres turbulens.
— Ceux qui ne seront que suspects seront payés pour s’en aller.
Il y a des loixs et des décrets. Les loixs doivent porter l’empreinte d’une raison élevée au-dessus de tous les cas particuliers. Elles doivent régner toujours. Les décrets n’ont que les circonstances en vue; ils sont faits par le législateur non en tant que législateur, mais en tant qu’administrant et gouvernant. C’est un ordre de dictateur. Ils n’ont pas besoin d’être comme la loi l’expression de la raison éternelle, mais de la prudence. Ils ne sont faits que pour un temps, pour un moment. Les loixs se taisent dans les troubles c’est alors que les décrets parlent. Les loixs brillent dans les beaux jours, les décrets dans les nébuleux. Ils voilent la loi comme on voile quelquefois dans nos temples ce qu’on y honore, pour en éviter la prophanation dans de certains moments où l’adoration est suspendue. Dans le cours ordinaire des choses on ne doit suivre que la loi; dans les écarts des événemens on peut être contraint légitimement d’obéir encore au décret. L’une est divine et l’autre est saint... Il veille quand la loi s’endort dans la nuit que .... ameine.
Si l’on donne quelque exclusion aux hommes sans patrimoine et sans propriété, ce n’est pas qu’on doive penser qu’ils aimeroient moins la patrie ou la vertu. Car ils peuvent aimer l’une et l’autre avec une sorte d’excès, et cette opinion fairoit aux richesses trop d’honneur; mais c’est qu’on scait et que chacun peut se convaincre par son expérience propre et personnelle, que l’homme en butte aux flots du sort, à la tourmente du hazard est moins le maître de soi-même et n’a pas pour se recueillir et régler ses sentimens et ses pensées assés de calme, de repos, de loisir, de bonheur et risque d’être exagéré. Il est moins sage, non par sa faute, mais par celle de sa position. C’est à ce titre seul qu’on peut, jusqu’à [ce que] cette position soit changée, refuser l’administration des affaires publiques à celui qui n’eut pas d’affaires personnelles à manier. Etc. (Ajoutez qu’il y a une épreuve qu’il n’a pu faire.)