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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume I
[On movement.]

L’orgueil gonfle le cerveau. La vanité y porte des fumées, des esprits. La haine resserre le cœur. L’amour échauffe le poulmon. L’admiration suspend le cœur. On aspire par le désir. On veut pomper tout ce qui délecte, dilate. La tristesse est inaction.

L’amour qui vient du sang, celui qui vient de l’âme.

5 juillet.

Passions. Par notre intelligence et notre volonté, nous pouvons en régler l’usage et l’emploi, mais non en modérer l’excès ou en exalter le trop peu. Ce grand ouvrage dépend d’un autre... La piété seule peut le faire. (C’est un sentiment étendu, qui porte en toutes nos humeurs...).

Permis, — mais non à tous.

6 juillet.

Notions innées : du juste et de l’injuste, du beau et du difforme, du convenable et de ce qui ne l’est pas. Idées infuses : de Dieu, de la matière et de l’esprit, etc. etc.

7 juillet.

Eternûmens d’esprit. Le palais des éternûmens.

8 juillet.

Toute vérité n’est pas bonne à dire. Car étant dite seule et isolée elle peut conduire à l’erreur et à de fausses conséquences. Mais toutes les vérités seroient bonnes à dire si on les disoit ensemble et si on avoit une égale facilité de les persuader toutes à la fois.

« Mon fils, disent les mères à leurs enfans, si vous m’aimiez vous ne fairiez pas cela et cela. » L’enfant scait que cependant il aime sa mère, et la mère qu’elle est aimée de son fils. L’une, en parlant ainsi, use d’adresse et non de fausseté. Et l’autre, en se laissant engager par de telles paroles, agit avec une tendre et juste condescendance et non avec une aveugle et imbécile stupidité.

Nous sommes les enfans de la religion. En nous parlant ainsi, elle nous traite en mère. En l’écoutant, nous observons les règles de notre nature, nous nous tenons à notre place, nous agissons comme nous le devons.

Par la nature de notre esprit nous sommes induits et contraints à faire une substance et une sorte d’individu de tout ce que nous voulons appercevoir nettement. Ce sont les loix de la pensée et de l’optique intellectuelle qui nous asservissent à cette nécessité.

L’âme a comme le corps une faculté visuelle, une tactile, une olfactique, etc. soumises au même destin.

Pourquoi les bêtes n’ont pas de piété. C’est parce qu’elles n’ont pas d’âme. La piété prouve en nous quelque chose de divin.

Bonaparte à Milan. Son discours aux patriotes.

L’âme anime le corps par l’application d’elle-même.

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