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29 janvier.
Qu’il est des sentimens innés. Qu’on en convient. Conséquences.
18 février.
... du monde entier. — ne paroît aux yeux de — qu’un arc en ciel.
La matière la plus dure et que nous trouvons la plus rembrunie brille pour eux, non pas seulement de sept couleurs, mais d’un million. C’est pour eux que tous les jets et tous les jeux de la lumière se déployent. Un diamant perdu dans un gazon n’est qu’une pierre pour la chenille qui rampe dessus, mais pour nous c’est une source d’éclatantes scintillations. C’est un astre. C’est une étoile.
C’est ainsi que la terre, par exemple... Nous sommes... Les esprits sont...
De la beauté de la matière.
Si l’éclat nous séduit, la régularité aussi nous trompe. C’est ce qui arrive dans le raisonnement où la disposition des parties fait souvent toute la force à laquelle nous cédons malgré nous même. L’imagination est la folle de la maison, mais l’esprit en est le docteur. On le duppe avec le moindre appareil scientifique pourvu que cela le confirme dans ce qu’il scait ou dans ce qu’il veut scavoir.
Il y a de plus la Dame du lieu, qui est la raison.
20 février.
Tous les ardens ont quelque chose d’un peu fou, et tous les froids quelque chose d’un peu stupide.
Ces philosophes nomment pur, dans les conceptions de l’esprit, ce qui est décharné, (décoloré, sans mouvement et sans chaleur, inanimé). Cette philosophie est, par ses opérations, une véritable chymie et ce qui est intellectuel, ainsi passé par le creuset, ne laisse de lui qu’un résidu susceptible d’être nommé, mais non de se peindre dans la pensée et d’exciter le sentiment.
Par exemple, ils dépouillent le sens du mot passion de tout ce qu’il pourroit offrir à l’esprit de mouvement et de chaleur. Ils font même abstraction de la moralité et vous disent (comme Descartes) la passion est tout ce qui peut survenir de nouveau en un subject déjà formé. Ils tâchent de se faire un langage intelligible, clair, exact en bannissant tout ce qui peut être sensible, éclatant, matériel, comme les géomètres offrent à l’esprit des lignes sans largeur, des points sans profondeur.
Et, dans les actions du corps (s’ils en usent pour expliquer leurs pensées) ils choisissent celles qui sont les plus proprement machinales, je veux dire les plus exemptes de douleur et de délectation, comme marcher, remuer le bras. (Vid. Descartes et Malebranche.) En tout cela il y a un milieu.
Nota. Délectation au lieu de plaisir. En quoi et pourquoi il est mieux assorti et plus ordinaire à leur style.
Ils veulent que les objets se peignent dans leurs pensées et que leurs pensées se peignent dans leurs expressions comme l’homme est peint dans les estampes de la névrologie, ou telle qu’est une feuille dont les insectes ont dévoré le plein et dans laquelle il ne demeure que de subtils linéamens.
Apréhension de l’esprit. Seule manière dont nous puissions communiquer avec certaines vérités. Notre esprit éprouve alors une espèce de sentiment semblable à la sensation que fait une grande lumière en tombant sur nos yeux fermés mais qui ont la puissance de voir.
Quand je dis « la matière est une apparence », je ne prétends pas contester sa réalité, mais au contraire donner une idée vraie de sa ténuité réelle.
22 février.
La mort ne ressemble pas à la vie ni le méchanisme au mouvement. Si vous voulez donner de l’homme et du monde une idée exacte et claire, rendez les transparens, mais ne les disséquez pas.
Descartes peint assés bien l’homme et le monde machines. On pourroit mettre à la tête de ses livres : « Œuvres de Descartes-ou-l’homme et le monde machines. »
Les violettes...
27 février.
Je dis : Dieu est Dieu, parce qu’il n’a pas besoin d’être expliqué pour être conçu. Son nom est sa définition ou du moins c’est la seule où nous puissions le renfermer. — Le monde est un lieu. Il n’a pour nous que cet usage et en croyant qu’il n’a pas d’autre destination je dis : La matière est une apparence non pour en contester l’indubitable réalité, mais pour en exprimer la ténuité réelle. Le corps est le moule de l’âme : c’est là en effet son emploi. La vie est un commencement. Cela veut dire etc.