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Portes.
Au lieu de ces magnifiques portes qui annonçoient les villes anciennes, vous ne trouvés à l’entrée de Paris que des guichets. Cette superbe capitale est fermée par de tristes barrières de sapins où des commis qui vous fouillent ont l’air de vous dévaliser.
Ces superbes arcades de pierre ou de marbre qui, dans les villes grecques et romaines, sembloient dire aux étrangers : « Entrés et vous serés en sûreté » annonçoient d’abord la protection publique. Ici vous trouvés le fisc au premier pas et tout annonce la déprédation.
Les tuileries, les spectacles, les temples n’ont pas de plus magnifiques entrées ; des portes basses et mesquines défigurent la plupart des édifices publics. On peut dire sur cet article que les Français sont ou ne sont pas moins avantageux...
Les architectes vous diront qu’une église a bien plus de majesté quand l’entrée en paroît étroite et difficile. Comme si la maison de Dieu ne devoit pas avoir plus que tous les autres édifices l’air de l’accueil et de l’invitation. On connoit l’histoire de ce jeune homme qui mit l’épée à la main contre son ami se croïant conduit dans une maison de force en se voïant dans le vestibule de l’ancienne Comédie françoise au milieu d’une multitude de barrières et de soldats. Des sentinelles sous les armes sont à toutes les portes des églises dans les grands jours de fête, ce qui ne donne pas une haute idée de l’esprit religieux de nos Français. Y a-t-il un beau sermon, on n’entre que par billets et il n’est permis ce jour là qu’aux enfans de Dieu riches et qualifiés d’entrer dans la maison de leur père.
On pose des sentinelles devant les maisons des particuliers dans certaines circonstances moïenant une rétribution. Par exemple, pendant les huit premiers jours de l’année, vous voyés deux soldats en faction devant la boutique de Le Sage pour garder ses pâtés. Et les bonbons de quelques confiseurs sont aussi gardés à main armée.
En général, tout respire à Paris la gêne, la contrainte, la précaution ; mais ce n’est qu’à ce prix qu’on y jouit de la tranquillité.
Heureux empire ! si chaque partie de ton administration avoit été aussi aprofondie que la police.
On affiche aux portes des grands et des ministres les annonces des spectacles. Vous trouvés aux portes des procureurs et des notaires les avis pour les ventes, les saisies, les inventaires ; enfin le catalogue d’une multitude de malheurs dont les lois sont souvent la cause.
Le tombeau de la mère de Lebrun
Satiabor (dit l’inscription) cum apparuerit mihi gloria tua. Le premier de ces mots semble écrit entre ses lèvres. La vieillesse est dans l’enfoncement [de la] bouche. On voit surtout à la figure du menton au cou, qu’elle mourut âgée ; on le voit encore à la figure de ses mains. Cette expression de la foy qui est dans ses traits et dans son attitude le témoigne aussi. La jeunesse n’a point tant d’habitude de la religion. On voit ceppendant qu’elle avoit été jeune et belle, avant d’être âgée et morte. On voit de plus à la confiance avec laquelle elle ressuscite pour le jugement qu’elle vécut toujours vertueuse. La vie qu’elle vient de reprendre est dans sa chair ; l’impression de la tombe qu’elle quitte est à la surface de sa peau légèrement terreuse et pâle. Il y a dans ses traits un caractère de beauté vénérable. Matres, disoient les Latins en parlant des femmes de cet âge. Cette physionomie est bien convenable à cette dénomination et l’on n’est pas étonné que le fils d’une telle femme ait voulu lui consacrer un tel monument. On a représenté au haut de la chapelle un ange avec la fatale trompette. Il est déplacé et ne produit qu’un mauvais effet. Il auroit mieux vallu représenter simplement dans la voûte une trompette entre des nuages. L’imagination auroit achevé le tableau. Cet accessoire même étoit inutile : l’artiste avoit scu l’exprimer dans la figure principale ; la trompette est dans son..., dans le caractère de son attention ; ces regards adressés en haut, ces mains ouvertes et qui disent si bien : « Je suis prête », ce modeste et pieux élancement, tout dit assés qu’un son s’est fait entendre et que les morts vont se lever.
Les Carmélites de la rue de Grenelle
On peut dire que celui qui bâtit cette église bâtit une prison à Dieu. Rien n’y manque, épaisseur des murs, lucarnes, grilles et guichets, étroitesse, obscurité. Pour achever ce chef-d’œuvre, on a pratiqué dans ce beau sanctuaire un souterrain. L’église est la prison, le souterrain est le cachot.
A Saint Sulpice
Je n’ai pas vu de morceau de sculpture qui remplit aussi bien sa destination. C’est même le seul exemple où j’aie vu parmi nous les statues avoir un objet déterminé et produire un effet public. Un ange d’airain se tient debout devant le prêtre assis, et les ïeux baissés avec respect étale à ses ïeux le livre où sont les cantiques. Ah ! combien croïés-vous que l’impression d’une semblable représentation abbaisse l’homme et élève le prêtre C’est dans de pareils temples que l’homme est religieux et qu’il devient esclave ; c’est devant de tels autels qu’il s’instruit à la servitude. Car tout sentiment religieux est un sentiment servile et quiquonque s’agenouille devant Dieu se façonne à se prosterner devant un roi.
... Et que la pierre des carrières françaises.
Ces festons suspendus à des murailles nuës et que rien ne décore, et ces guirlandes tristes comme les fleurs qui croissent dans un coin de jardin abandonné...
Un million de petits vitraux unis par les ligamens du plomb qui les enlacent, ne forment qu’un seul tout ; leurs innombrables parties se réunissent à l’œil en un ensemble commun, et dans leurs compartimens divisés donnent un jour diminué qui est convenable aux temples. Ces verres quarrés au contraire n’offrent rien que de mesquin dans leur proportion moyenne et dans leur multiplicité. Il est trop facile de les compter et le jour qu’ils produisent est trop crud.
— Dans la plaine ils semblent s’élever de la terre et la fuir. Sur les coteaux, ils semblent y rentrer avec effort au contraire ; et leur hauteur même leur y donne à l’œil un poids qui les enfonce.
— Cette multitude d’angles dont les pointes aiguës brisent le regard, et qui ont si peu d’accord avec les beaux contours du portail et du dôme.
— Des bas-reliefs continués auroient dû offrir dans tout son tour la vie de la sainte et ceindre tout l’édifice par une suite de représentations historiques et pieuses.
— En général un temple doit être semblable au palais du soleil. Cent degrés doivent à peine suffire pour y monter.
— ...semblable à l’étable où elle était née...
— Mesurer son élévation de son sommet à sa baze...
— ...et semblable aux dernières marches d’un escalier enseveli.
— Au lieu de faire tenir cet édifice debout, il devoit l’asseoir.