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ANNÉE 1782
DE L’HOMME DE PLATON
Platon reconnoissoit dans l’homme trois facultés, l’une intellectuelle dont le siège étoit dans la tête ; l’autre sensitive, qui avoit sa demeure dans le cœur et les viscères qui l’environnent ; et la dernière appétitive qui se tient dans les aines et les intestins,
Il ajoutoit que la sagesse, la bonté morale étoit de ne pas donner dans notre conduite à chacune de ces facultés une autre place que celle qui leur échut par leur nature, c’est à dire que celui-là n’est ni bon ni sage dont la raison ne domine pas les affections et dont les affections ne dominent pas les appétits.
Il détailloit ensuite l’homme corporel et démontroit dans chaque partie de sa structure un dessein évident, une fin, une destination.
Voïés vous, disoit il, comme la cervelle humaine est molle. C’est parce que c’est un lieu de repos où les notions des choses doivent en quelque sorte venir s’asseoir comme sur un coussin.
Les poulmons sont voisins du cœur pour en recevoir les débordemens lorsqu’il est enflé de colère ou de quelque autre passion violente. Ils reçoivent en eux le col du cœur dans ces dangereuses occasions. Ils y sont propres par leur mollesse, disposés par leur siccité et salutaires à leur voisin par leur froideur naturelle qui tempère ses excessives ardeurs.
La rate est voisine du foie pour le soulager par ses fréquentes aspirations de l’humidité qu’il a de trop et reverser en lui quand il en est temps ces humeurs plus pures et plus saines. Le ventre offre dans son contour un emplacement libre où les boyaux peuvent se tourner et se retourner à leur aise. Les boïaux par leurs nœuds et leur pellicule établissent un mur de séparation entre les aliments liquides et solides. Ils se corromproient de leur mélange ; ils voiagent et séjournent séparés et dans leur séjour ils laissent exprimer d’eux tout ce qu’ils contiennent d’utile et de nécessaire à la nutrition du corps qui les a reçus.
Les pieds, les mains, etc. sont des accessoires dans le corps de l’homme, des instrumens, plutôt que des parties. Les cheveux, les sourcis, etc. sont des accessoires encore moindres, des meubles de commodité, pour ainsi dire, un luxe sage de la nature.
C’est par les veines que la vie circule. Celles qui servent à la génération partent de la tête, traversent les reins et viennent aboutir aux aines.
C’est dans le foie qu’est le réservoir du sans. Là se réunissent les sucs nutritifs exprimés des alimens, ils s’élaborent et se transforment dans le foie, deviennent sang et se distribuent par une infinité de canaux dans tous le corps.
C’est l’équilibre du sec, de l’humide, du froid et du chaud qui fait la santé, la bonté, la beauté dans l’homme. Si quelqu’une de ces qualités prédomine, l’homme se vicie, se corrompt, se déforme, s’altère et meurt.
L’homme est en santé tant que la raison gouverne, il est malade sitôt qu’elle cède à quelqu’une des deux parties animales.
La tête de l’homme est tout l’homme. C’est là que nos principaux sens ont leur place invariable dans l’empire de la raison. L’œil est brillant ; son objet est la lumière. L’ouïe est cave, son moïen est l’air. Le goût est mol, émoussé, il doit opérer sur les humides. Le tact est massif, il est fait pour ce qui est dur, pour ce qui est corps.
Et l’odorat destiné à juger des corps corrompus (car toute espèce d’odeur est causée par quelque altération du corps odorant ; dans son intégrité native aucun corps n’exhale d’odeur) L’odorat a deux soupiraux qui sont les deux narines, dont l’une expire ce que l’autre à a pompé. Admirable constitution de ce sens, sans laquelle il n’auroit pu opérer sans nous être nuisible ! car à chaque expérience qu’il auroit faite pour découvrir un danger, il auroit fait un mal, si les parties corrompues qu’il introduit en nous n’eussent eu une issue pour sortir de nous aussi vite qu’elles y étoient entrées, etc.
En 1782.