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ANNÉES 1777-1778
La peine de voir un autre mieux traité que soi n’est pas toujours jalousie.
Je ne conseillerois à celui qui veut connoître l’homme d’être fol ni d’être sage tant qu’il est jeune : qu’il se laisse aler et qu’il s’examine.
Il y a trois choses dans mon païs que le temps seul y blanchit : le lin, le chanvre et les cheveux.
C’est à son vêtement de toile blanche que le jeune solitaire reconnoissoit depuis cinq ans chaque matin une jeune fille sur le sommet éloigné de l’Arzéem.
Les yeux accoutumés aux grands intervâles aperçoivent au loin : et le regard de l’homme est plus perçant quand il considère une femme.
Il y a trois milles de distance entre l’Arzéem et le monastère. le monastère étoit debout sur la pointe d’une colline. On y monte encore par trente chemins, monumens de cent mille orage[s]. tous ont été creusés par des ravins c’est le lit des torrens ou l’homme pose le pié aussitôt que les torrens ont passé, en coulant du haut du ciel sur la colline, de la colline dans la plaine et de la plaine dans l’Avezer et de l’Avezer dans l’océan.
O vous que je vais célébrer et dont je ne scais pas même les noms, je ne vous en donerai pas, jeunes amans ! qui pourroit souffrir le changement du nom de son amant et qui pourroit souffrir le changement du nom de son amante ?
Aïons pour les morts cette pitié de ne rien faire de ce qui eût pu les affliger s’ils eussent pu le prévoir.
Mille fois on m’a raconté cette histoire dans mon enfance ; mais jamais ni les épousées ni leurs mères ou leurs vénérables aïeules (car ces récits étoient les récits des femmes, jamais les jeunes filles ne firent de récits dans ma patrie et les hommes n’en firent jamais de semblables) jamais dis-je aucune d’elles ne donnèrent de nom aux deux amans.