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← ExitThe Notebooks of Joseph Joubert, Volume I
YEAR 1798

Tout corps n’est qu’une pellicule (je parle des corps qui se meuvent et qui ont une âme au dedans d’eux). Toute profondeur n’est qu’un point. Tout poids est celui d’un fétu, d’un brin de duvet... moins encore.

25 novembre.

Il répondit : — Oui elle éclaire avec des torches qui ont consumé les bonnes mœurs. J’aime mieux ces autres bougies.

Vous m’avez donné la prière.

Si donc il conte une fable, écoutons-la. S’il nous berce, soyons bercés. Laissons-le distraire nos maux; et si ces contes éternels dont il amuse les natures...

Feux follets qui conduisent dans les bourbiers. Helvétius, etc.

J.-J. Rousseau. On apprend dans ses livres à être mécontent de tout hors de soi-même.

27 novembre.

Que le métaphysicien n’est pas assés clair s’il n’est pas encore plus clair et plus facile à entendre que le physicien. Car l’un ne peut offrir à l’esprit que des objets qui n’y entrent pas mais qui sont existans (se tiennent réellement) devant son attention, au lieu que l’autre met en lui et me fait concevoir ce qu’il dit en sorte que l’esprit l’étreint, le tient, le possède, le porte en soi. Aussi est-il vrai de dire que ce n’est que par la métaphysique que les physiciens eux-mêmes se font parfaitement entendre à leurs lecteurs. Car pour faire entrer les objets dans l’esprit, il faut en quelque sorte les atténuer, les amenuiser, rendre subtiles leurs qualités ou leurs figures les plus palpables. Car ce qui est palpable et le plus évident aux yeux n’est pas ce qu’il y a de plus connu de l’esprit, à moins que par quelque opération on ne le lui rende ou il ne se le rende à lui-même délié et intellectuel.

Dieu. Il ne seroit pas mal de le représenter par des parfums et de la lumière, la lumière au milieu.

Cette vie où notre âme est dans le berceau, si je puis m’exprimer ainsi. Il entoure l’esprit de langes en le couvrant d’obscurités.

8 novembre.

1. Avons-nous tous de la pudeur? — 2. Gardons-nous toujours la pudeur? — 3. Quels sont les fruits de la pudeur? — 4. Quels soins doit-on à la pudeur? — 5. Donnez du corps à ces idées et expliquez-nous la pudeur d’une manière plus palpable. Ne peut-on la montrer produite par un méchanisme réel? — 6,7. Redéfinissez la pudeur. — 8. Retracez tous ses avantages et rendez-la recommandable à tous les cœurs, à tous les âges.

4 décembre.

De la bonhommie. Ce que c’est. Qu’elle consiste à ne refuser notre intérêt à rien de ce qui occupe notre attention, et notre attention à rien de ce qui est innocent. Elle est une enfance agrandie, conservée, affermie et développée. Elle est une perfection.

Son utilité. Elle sert de bonheur à l’homme ordinaire. Elle est une source abondante de plaisirs, de délassemens à l’homme occupé, au grand homme. Les Chinois en ont fait un des caractères du sage. — Que pour en jouir et l’exercer on a besoin de quelque santé.

« Humanum nihil a me alienum puto » est le mot d’un philosophe qui a de la bonhomie. Un homme seulement homme n’eût pas scu le dire. Un philosophe seulement philosophe ne l’eût pas pensé.

Ombre de Dieu qui nous luisez...

Eh! crois-tu donc que la lumière n’est faite que pour éclairer tes pas et réjouir tes yeux. Elle a été aussi créée pour diriger tes actions et pour éclairer ton esprit.

Passions. Les anciens les nommoient des troubles; et avec raison : pourquoi.

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