Notes précieuses. — Fais, tous les jours, ce que veulent le devoir et la prudence.
Si tu travaillais tous les jours, la vie te serait plus supportable. Travaille six jours sans relâche.
Pour trouver des sujets, Γνωθί σεαυτόν. (Liste de mes goûts.)
Sois toujours poète, même en prose.
Grand style (rien de plus beau que le lieu commun).
Commence d’abord, et puis sers-toi de la logique et de l’analyse. N’importe quelle hypothèse veut sa conclusion.
Trouver la frénésie journalière.
Hygiène. Conduite. Morale. — Deux parts. Dettes (Ancelle).
Amis (ma mère, amis, moi).
Ainsi, 1.000 francs doivent être divisés en deux parts de 500 francs chacune, et la deuxième divisée en trois parties.
A Honfleur. — Faire une revue et un classement de toutes mes lettres (deux jours) et de toutes mes dettes (deux jours). (Quatre catégories, billets, grosses dettes, petites dettes, amis.) Classement de gravures (deux jours). Classement de notes (deux jours).
Hygiène. Morale. Conduite. — Trop tard peut-être ! — Ma mère et Jeanne. — Ma santé par charité, par devoir ! — Maladies de Jeanne. Infirmités, solitude de ma mère.
— Faire son devoir tous les jours et se fier à Dieu, pour le lendemain.
— La seule manière de gagner de l’argent est de travailler d’une manière désintéressée.
— Une sagesse abrégée. Toilette, prière, travail.
— Prière : charité, sagesse et force.
— Sans la charité, je ne suis qu’une cymbale retentissante.
— Mes humiliations ont été des grâces de Dieu.
— Ma phase d’égoïsme est-elle finie ?
— La faculté de répondre à la nécessité de chaque minute, l’exactitude, en un mot, doit trouver infailliblement sa récompense.
Le malheur qui se perpétue produit sur l’âme l’effet de la vieillesse sur le corps : on ne peut plus remuer ; on se couche...
D’un autre côté, on tire de l’extrême jeunesse des raisons d’atermoiement ; quand on a beaucoup de temps à dépenser, on se persuade qu’on peut attendre des années à jouer devant les événements.
CHATEAUBRIAND
Hygiène. Conduite. Morale. — Jeanne 300, ma mère 200, moi 300, — 800 fr. par mois. Travailler de six heures du matin, à jeun, à midi. Travailler en aveugle, sans but, comme un fou. Nous verrons le résultat.
Je suppose que j’attache ma destinée à un travail non interrompu de plusieurs heures.
Tout est réparable. Il est encore temps. Qui sait même si des plaisirs nouveaux... ?
Gloire, payement de mes dettes. — Richesse de Jeanne et de ma mère.
Je n’ai pas encore connu le plaisir d’un plan réalisé.
Puissance de l’idée fixe, puissance de l’espérance.
L’habitude d’accomplir le devoir chasse la peur.
Il faut vouloir rêver et savoir rêver. Evocation de l’inspiration. Art magique. Se mettre tout de suite à écrire. Je raisonne trop.
Travail immédiat, même mauvais, vaut mieux que la rêverie.
Une suite de petites volontés fait un gros résultat.
Tout recul de la volonté est une parcelle de substance perdue. Combien donc l’hésitation est prodigue ! Et qu’on juge de l’immensité de l’effort final nécessaire pour réparer tant de pertes !
L’homme qui fait sa prière, le soir, est un capitaine qui pose des sentinelles. Il peut dormir.
Rêves sur la mort et avertissements.
Je n’ai jusqu’à présent joui de mes souvenirs que tout seul ; il faut en jouir à deux. Faire des jouissances du cœur une passion.
Parce que je comprends une existence glorieuse, je me crois capable de la réaliser. O Jean-Jacques !
Le travail engendre forcément les bonnes mœurs, sobriété et chasteté, conséquemment la santé, la richesse, le génie successif et progressif, et la charité. Aye quod agis.
Poisson, bains froids, douches, lichen, pastilles, occasionnellement ; d’ailleurs, suppression de tout excitant.
Lichen d’Islande. . . . 125 grammes.
Sucre blanc. . . . . . 250 —
Faire tremper le lichen, pendant douze ou quinze heures, dans une quantité d’eau froide suffisante, puis jeter l’eau. Faire bouillir le lichen dans deux litres d’eau sur un feu doux et soutenu, jusqu’à ce que ces deux litres se réduisent à un seul litre, écumer une seule fois ; ajouter alors les 250 grammes de sucre et laisser épaissir jusqu’à la consistance de sirop. Laisser refroidir. Prendre par jour trois très grandes cuillerées à bouche, le matin, à midi et le soir. Ne pas craindre de forcer les doses, si les crises étaient trop fréquentes.